La forêt de Longuenée

 

Le chemin des Landes partait du bourg de Brain, il reliait le grand chemin d’Angers à Chazé sur Argos et le bourg de Brain à la forêt et landes de Longuenée : la route de la Pouèze n’existait pas, elle fut construite après la révolution, suite aux cahiers de doléances des gens de la Pouèze pour relier la Pouèze à la Mayenne (par la Membrolle et la Roussière) et favoriser le commerce (bois, charbon de bois, ardoise).             

             1750 - 2005                            

A ce carrefour : le réservoir des fosses moron ; c’était une ancienne carrière de grave, devenu abreuvoir, vivier, lavoir et déversoir d’orage, il protégeait le bourg de Brain des inondations.

 

« La forêt de Longuenée s’étendait jusqu’au Plessis-Macé, ce bourg fut construit dans l’une des vastes clairières de la forêt. Le fer a été exploité au 7ème et 8ème siècle et a permis le développement au Plessis-Macé d’une importante activité de chaudronnerie et d’armurerie avec la commercialisation par le port de la Roussière.

Les invasions bretonnes puis normandes obligeront les riverains de la Loire à trouver refuge dans la forêt, via la Mayenne. Le seigneur du Plessis-Macé devint ainsi le chef d’un immense territoire» (extrait du site du Plessis-Macé par graphite-multimedia )

Au 12ème-15ème siècle, le prieur du Plessis-Macé avait des droits sur la forêt de Longuenée, il pouvait y mettre toute l’année deux cents porcs en pacage. (carrefour aux cochons ?)

Louis XI venait y chasser souvent avec Louis II de Beaumont, seigneur de la forêt et du Plessis, il y eut d’ailleurs une sainte colique qui  fut à l’origine de la restauration de la chapelle Ste Emérance à la Pouèze.

Le seigneur René de Mergot de Montergon avait aussi le droit de chasse sur cette forêt, il avait son relais de chasse aux Périers (les Poiriers) de la Membrolle.

 

Extrait de la carte géologique de la France - feuille de Segré - brgm 1998

La forêt est située sur une bande d’altérites ou régolites avec présence de fer (difficilement exploitable).

 

 

La forêt (entourée des landes de Longuenée) occupait tout le plateau (altitude : 80 à 100 m) situé sur la ligne de partage des eaux (de nombreux ruisseaux en découlent), elle est actuellement réduite à 600 hectares (6,5 km x 900 m ~)

Elle fut la propriété des comtes Walsh de Serrant (18-19me) puis des de la Selle (la Beuvrière), des De Tredern (le Lion), de M. Bassot et des houillères de Lorraine qui la cédèrent à l’Etat en 1963, en échange des forêts de Saint Avold et de la Houve en Moselle. La municipalité de Brain vendit à l’Etat, pour quelques francs symboliques, les chemins vicinaux qui la traversaient.

Elle fut avant 1914 un lieu de recherche de minerai de fer avec des tentatives d’extraction (40 m). Les 20% de feuillus restants en bordure des routes et allées sont les vestiges de l’ancienne exploitation en étayage de mines, bois de chauffage, charbon de bois, ils servent de coupe-feu.

            L’ONF l’a reboisée à partir de 1967 et recreusé en 1975 l’ancien étang (le pré de l’étang) dont la levée était abandonnée, il occupe 3,5 ha. Le conseil général participe aux aménagements touristiques.

 

                       

           

L’étang de la forêt de Longuenée existait au 18 ème siècle, il est porté sur la carte de Cassini.

           

Brain sur Longuenée était tourné vers la forêt et les landes environnantes, les pauvres gens y trouvaient du pacage, du bois de chauffage, du charbon de bois, du gibier. On pouvait aussi y récolter des petits fruits, nèfles, poires, cormes et parfois en faire des boissons. Les branches de frênes servaient à affourager les animaux pendant les sécheresses et aussi à faire une sorte de cidre, la frênette. Des loups ont été signalés vers 1715.

Des noms de lieu-dit : les Landes, la Lande, la croix des Landes (le calvaire a été remplacé par le transformateur vers 1930), la Loge, la Robinaie (moutonnerie) sont des restes de leur appartenance aux landes de Longuenée.

           

                    

       

Carrefour aux cochons   et  Chemin des charbonniers

 

La forêt était aussi un carrefour à 25 km d’Ingrandes-sur-Loire (49) et Le Fresne-sur-Loire (44), frontière entre les anciennes provinces de l’Anjou, de la Bretagne et du Poitou.

C’était un lieu de menus trafics et de refuges de gens en conflits (le sel et la gabelle, la chouannerie, l’armée Allemande et son mirador).

            En décembre et Janvier 1793, Toussaint Ambroise de la Villenière fut caché pendant un moins avec son fils, sous la protection de Faligan, fermier et charpentier à la Pouëze.

Le mardi 6 août 1799 (19 thermidor de l’an VII), une battue contre les chouans est organisée en forêt de Longuenée.

            Moins inhumain cette fois, les 8 et 15 février 1942, une battue aux lapins (sans fusils) est organisée, au profit des prisonniers, par la paroisse de Brain-sur-Longuenée ; résultat : 75 puis 94 lapins sont vendus pour 8.000 francs. (Pierre Geley, Curé)

            Les charbonniers y vivaient dans des loges : des actes de baptêmes témoignent de naissances dans ces abris : deux lieux-dits sont toujours appelés la Loge, un sur  Brain, l’autre sur la Pouèze.

            La forêt de Longuenée, à elle seule, permet d’expliquer l’existence de Brain sur Longuenée depuis le 11 ème siècle. A quoi s’ajoutait que le bourg était sécurisé, aucun grand chemin ne le traversait, qu’on y trouvait de la pierre (shiste) et de la grave (sable, argile) pour construire, que l’eau plus ou moins potable était présente (Brain signifie landes , marécages).

 

                                              

                                                            Grande ligne forestière        

 

Plan détaillé de la Forêt avec N° de parcelles

 

Carte de la forêt de Longuenée par la Direction Régionale de l’Environnement, Pays de Loire.

sources : curé Gourdon - A.D. 49 - Article de l’O.N.F. La Membrolle - association St Martin La Membrolle

 

 

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